Les OSC du Gabon s’initient à l’Observation Indépendante (OI)

19 September 2017
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Une formation de deux semaines sur la notion d’Observation Indépendante est organisée à Libreville, du 21 août au 01 septembre 2017, sur invite de Brainforest à l’endroit des OSC du Gabon. La formation vise le renforcement de capacités de ces acteurs dans le domaine du suivi de la gouvernance forestière à travers l’utilisation des outils et techniques d’observation indépendante.

Ponctuée par une phase théorique et d’une phase pratique, la formation a été livrée aux membres des OSC de la plateforme “Gabon Ma Terre Mon Droit”, de l’Administration en charge des Forêts et du personnel technique de Brainforest. La formation a eu lieu dans le cadre de la mise en œuvre du projet CV4C, avec l’appui de FLAG qui a fourni des experts en OI pour conduire la formation.

Il a été question de présenter le concept et des outils de l’observation indépendante en vue d’améliorer les capacités techniques de l’administration et de la société civile gabonaise dans le suivi de de la gestion des ressources forestières.

La formation s’est déroulée en deux phases : théorique et pratique:

Durant les quatre jours de formations théoriques, les apprenants ont été édifiés tour à tour sur les notions de Bonne Gouvernance, de Gouvernance Forestière et d’Observation Indépendante. Un brillant exposé, suivi d’échanges sur le contexte national de mise en œuvre de l’OI au Gabon et les possibles champs d’observations, a également permis d’éclairer les apprenants sur les grandes phases de l’implémentation d’une Observation Indépendante.

Entre autre notion, la méthodologie de planification et de réalisation d’une mission d’Observation Indépendante, rythmée par des exercices de transcription d’informations géographiques et d’analyse juridique d’informations, sont venus couronner l’ensemble de la formation, sur fond de satisfaction générale.

Selon Madame Rose ONDO du CURFOD, « cette formation est très utile pour la société civile gabonaise, au moment où nous avons plusieurs problématiques brûlantes qui touchent les communautés ; nous avons la question du foncier et de l’accaparement des terres par les agro-industries, nous avons également la question de l’exploitation forestière illégale, où les communautés se rendent complices quelques fois. »

Evoquant le rôle de la société civile, elle poursuit en disant que « la première chose à faire est d’aller auprès des communautés avec les connaissances et les outils acquis lors de la formation pour les sensibiliser, les encadrer pour qu’elles puissent effectivement jouir de leurs droits, et être capable d’être une source d’informations pour la société civile, en dénonçant les exactions et les irrégularités.  Nous devons à cet effet nous outiller pour bien cerner les droits des communautés dans les différents textes et lois. »

La phase pratique a consisté  à préparer et réaliser une mission test d’observation indépendante dans une concession forestière avec le concours de l’administration forestière centrale et locale ainsi que le concessionnaire. L’équipe retenue pour cette activité était constituée de 7 personnes dont 14,3% de femmes. L’exercice s’est articulé en trois actions : la recherche documentaire, les entretiens , et l’observation sur site.

Mme Horline NJIKE BILOGUE MVOGO est revenue sur le contexte de la formation qui intervient dans le cadre du projet sous-régional « Citizen Voices For Change », projet porté par le CIDT de l’université de Wolverhampton et le FLAG, qui en est le partenaire technique. « Brainforest est un partenaire au projet CV4C et a sollicité une formation en Observation Indépendante (OI). C’est dans ce contexte que le FLAG a programmé cette formation pour partager son expérience avec la société civile gabonaise. » Pour elle, « l’OI, c’est ce droit de regard qu’a chaque citoyen sur son environnement. En tant que citoyen du bassin du Congo, j’ai parfaitement le droit et le devoir de m’exprimer sur ce qui concerne la gestion des ressources naturelles, tout simplement parce que je suis la première à être impactée lorsqu’elles sont mal gérées. A travers l’OI, la Société Civile trouve un moyen concerté, coordonné et cohérent pour intervenir dans le suivi de la bonne gestion des ressources naturelles ; donc l’OI apparaît comme un instrument dont chacun peut s’approprier. »

Présentations de certificats

 

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