République démocratique du Congo

  • Partenaire : Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF)
  • Domaine : Efforts de structuration de la mise en œuvre de l’OI en RDC à travers la construction du Réseau National des observateurs indépendants

Quelle était la situation dans ce domaine avant le début du projet ?

En RDC, plusieurs organisations non gouvernementales travaillent sur la thématique du suivi forestier en vertu de la loi. La majorité d’entre elles font de l’Observation non mandaté (monitoring et plaidoyer) et une seule à savoir l’Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF) qui fait de l’Observation Indépendante mandatée. Ce mandat résulte d’un accord signé en 2013 avec l’administration en charge des forêts pour consacrer le caractère contractuel de la démarche.
Il convient de souligner que les actions d’OI menées sur le terrain n’étaient pas coordonnées et structurées autant de choses qui réduisaient leurs impacts. D’où, l’initiative de créer un Réseau National des organisations de la société civile ayant l’Observation Indépendante comme domaine d’activités en vue d’accroitre l’efficacité d’action dans une synergie commune. Il sied de rappeler que la constitution de ce réseau entre dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie d’Observation Indépendante élaborée en 2013 et revisée en 2018 avec l’appui du projet CV4C.

Quelles ont été les principales réussites et les facteurs de celles-ci ?

La création du Réseau National des Observateurs Indépendants en RDC(RENOI-RDC) a permis de capitaliser les acquis (expériences) de diverses organisations de la société civile et de mutualiser les efforts pour assurer la bonne gouvernance de ressources naturelles sur base de la stratégie nationale de l’Observation Indépendante et de la charte adoptée le 19 novembre 2018 ainsi que du plan d’action consensuel élaboré en mars de l’année en cours. En outre, le réseau s’est doté d’un plan d’activités pour l’année 2019 pour une bonne coordination de l’action. Ce réseau est désormais un cadre qui permet actuellement de travailler en synergie et d’être présent sur tout le territoire national. Cette synergie d’action a été démontrée lors du grand plaidoyer mené au cours de la conférence de presse tenue dans la salle de GTCRR à Kinshasa en date du 9 avril 2019 pour attirer l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale sur la persistance de la violation du moratoire sur les nouvelles allocations forestières par l’administration en charge des forêts et l’exploitation illégale de bois d’œuvre par certains opérateurs privés opérant dans ce secteur. Ladite conférence a été précédée d’une mission de monitoring dans les différents ports de Kinshasa (Maluku, kingabwa et kinkole) pour faire un état du trafic de bois qui viennent des différentes provinces dites forestières du pays. A cela, il faut ajouter la tenue d’une Conférence de presse organisée conjointement avec la Coalition Nationale de Lutte Contre l’Exploitation Illégale de Bois (CNCEIB) et le Fond Mondial pour la Nature (WWF) sur la situation de l’exploitation du bois rouge dans le Haut-Katanga.

Quels ont été les défis (ou les échecs) ?

Plusieurs défis interpellent le RENOI-RDC afin qu’il puisse s’installer durablement dans l’environnement de la gestion des ressources naturelles en RDC. Le premier est d’être en mesure de faire réagir plus promptement l’administration forestière face aux préoccupations soulevées par la société civile. En effet, l’administration tarde encore à prendre en compte les recommandations visant l’amélioration de l’application de la loi et de la gouvernance forestière faites par les organisations de la société civile. A ce jour, aucune mesure corrective n’a été prise par les autorités compétentes à la suite des dénonciations faites par le RENOI-RDC lors de sa conférence de presse et à la suite de la déclaration envoyée auxdites autorités.

Le second est lié aux ressources nécessaires pour faire fonctionner le réseau. Depuis l’adoption du plan d’action 2019, le RENOI-RDC n’a pas réussi à mobiliser des appuis financiers pour mener les investigations sur le terrain en dehors des fonds mis à disposition par le projet CV4C. Cette situation entrave le bon fonctionnement du réseau et le limite à la conduite d’actions sporadiques. En outre, aucune organisation n’a payé sa cotisation annuelle pour permettre le fonctionnement optimal du réseau.

Quelles sont les principales leçons apprises ?

La mise en place du RENOI-RDC a suscité au sein de ses membres un intérêt particulier en vue de poursuivre la mise en œuvre des actions de monitoring suivies d’un plaidoyer conséquent pour améliorer la gouvernance forestière.

Le RENOI-RDC est désormais le cadre de concertation propice au sein duquel les organisations de la société civile peuvent établir des stratégies d’action commune.

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