Assurer la sécurisation foncière des Bagyelis

28 March 2018
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En 2000, la Banque Mondiale approuve le projet d’oléoduc entre le Tchad et le Cameroun. Cependant, sa mise en oeuvre n’est pas sans conséquence sur la vie des communautés avoisinantes au projet. Certains de ces impacts environnementaux et sociaux durent depuis la phase des travaux, et leur persistence a donné lieu à une saisine du conseiller- médiateur de la Société Financière Internationale (SFI), branche du groupe de la Banque Mondiale active dans le financement du secteur privé, qui a apporté un appui au projet. Une médiation a été entamée entre COTCO SA (Cameroon Oil Transportation Company), la compagnie en charge de la construction, l’exploitation et l’entretien du pipeline, et les communautés affectées par les activités, accompagnées par des ONG, y compris CED (partenaire du projet CV4C), ainsi que RELUFA, CARFAD, FOCARFE).

Dans son ambition de promouvoir la gouvernance des ressources naturelles et la protection des droits des communautés locales et autochtones, le CED accompagne les communautés dans ce processus de médiation. L’organisation apporte son expertise en matière de conseil aux communautés. L’une des plaintes soulevées concerne l’accès à la terre des communautés autochtones Bagyeli, dans le département de l’Océan. La mediation a , sur ce point, résulté en la decision prise par COTCO et la Fondation FEDEC (mise en place par le projet pour appuyer les autochtones Bagyelis et financer les compensations environnementales du projet) d’aider les Bagyelis à sécuriser leur accès à la terre. A travers l’analyse des processus de sécurisation foncière mis en oeuvre, le CED s’assure que les activités prennent en compte les us et coutumes des communautés Bagyeli, et surtout contribuent à l’amélioration de leurs conditions de vie.

A titre de rappel, les communautés affectées par le projet, notamment celles ayant perdu leurs terres et leurs cultures, avaient reçu des compensations financières et en nature. Les communautés autochtones avaient été exclues de ces compensations en raison du fait qu’elles ne disposaient ni de titres, ni de droits coutumiers sur les terres. La précarité de leur situation foncière appelle une action urgente, et la FEDEC a sélectionné l’ONG APED pour conduire le processus.

Flora LAMERO
Chargée de Communication
Centre pour l’Environnement et le Développement (CED)